J’ai « tenté » une croisière COSTA !

Il en est des croisières Costa comme du Club Med ou de Disneyland : ou on adore, ou on déteste. Ceux qui apprécient sont souvent de vrais aficionados, un peu à la manière des propriétaires d’Iphone et ceux qui détestent multiplient les arguments pour se justifier. Mais personne n’est indifférent. Jamais.

En fait, tout est question de circonstances. Pour avoir roulé ma bosse en reportage dans certains des plus beaux endroits de France et même du monde, je n’ai pas particulièrement l’instinct grégaire. Mieux, je ne suis jamais allée « en » camping. C’est dire !

Pour avoir subi par ailleurs les photos de croisières des retraités de la famille, avoir aperçu du coin de l’œil des reportages télévisés sur les croisières thématiques avec la présence de vieilles gloires de la chanson des années 60 et vu le film « Bienvenue à bord » avec Valérie Lemercier et Franck Dubosc qui se passe justement sur un navire Costa (franchement, ils n’auraient pas dû, le staff fait très, très amateur), je me suis toujours dis « très peu pour moi » !

Et puis, il y a eu ce joli mariage et un des jeunes invités qui travaille chez Costa justement. Même pas au service commercial, mais qui en parle tellement bien…
Et aussi, cet autre rencontré à une autre occasion qui nous dit que la plupart de ceux qui ont essayé ne regrettent qu’une chose, c’est de ne pas l’avoir fait plus tôt…

Nuits blanches sur la mer Baltique

Et il y a enfin, cette croisière dans les pays baltes dénichée au mois de juin. A cette époque de l’année où le crépuscule commence à 11h du soir et dure jusqu’à 3 heures du matin, c’est-à-dire au moment où le soleil commence à se lever.

Au départ de la capitale suédoise, le commandant nous recommande de rester sur le pont pour admirer les berges que le Costa Luminosa va longer pendant près de 3 heures. On se croirait sur un lac au milieu des sapins. De petites maisons de pêcheurs tout au bord de l’eau sont l’exacte réplique de la villa principale un peu plus haut et, à certains endroits, on a l’impression de naviguer à quelques dizaines de mètres de la rive.

Avantage de la situation, on capte très bien le réseau suédois à cette distance et on peut téléphoner et regarder ses mails sans difficulté et sans passer par le satellite du navire qui permet de capter le wi-fi, mais qui est littéralement hors de prix. Quand les mouettes quittent les abords du bateau, on peut éteindre, c’est que la terre est désormais trop loin…

Une petite ville sur les flots

C’est ce qui fait peur à tout le monde. Même à ceux qui pratiquent le Club Med avec des villages de plus de 1000 à 2000 GM qu’ils supportent sans broncher « parce que là, on n’est pas obligés de rester les uns sur les autres ». Mais sur le bateau, c’est pareil. Le Costa Luminosa fait la taille de la cité corsaire de Roscoff hors saison. Quand on passe toute une journée et toute une nuit en mer, les distractions sont prévues. Casino, cinéma, boutiques free taxe, soirées à thème, danses de salon, bars nombreux et de quoi manger presque toute la journée.

Mais en fait, personne ne vous oblige à participer aux jeux apéro et à concourir pour le trophée de « Miss Super Camping », enfin de « Miss Costa » de la semaine.

Si de nombreux passagers ne manqueraient pour rien au monde la photo avec le commandant et sont au bord des larmes parce qu’ils n’ont pas pu la récupérer avant de débarquer, personne ne vous oblige à suivre la file pour y aller.

Mis à part cet exercice obligé, le pacha du navire est très discret et évite les mondanités (l’expérience du Costa Concordia a dû remettre quelques pendules à l’heure…) et si les paparazzis du bord sont souvent insistants, il n’est pas vraiment difficile de s’en débarrasser.

Le secret pour être tranquilles si, comme nous, on est un peu « sauvages », c’est de choisir une jolie cabine avec balcon ou au moins vue sur l’extérieur, ainsi, on évite les joies du collectif entre deux escales. Parce qu’on reste chez soi et qu’on profite de son confort. Un lit king size très confortable, une salle de bains modèle où l’on a de la place pour poser ses affaires, de petites attentions quotidiennes, fruits, chocolats…

Les sociétés de croisières sont d’ailleurs si peu complexées de réunir autant de monde sur un même bateau que les unités sont de plus en plus grosses.

Journal de bord

Le Costa Diadema, nouveau navire amiral de la flotte Costa qui sera baptisé en ce mois de novembre accueille 5000 personnes à son bord et pourvu qu’il ne s’approche pas trop près de Venise, ce qui fragilise les fondations de la Sérenissime et bouche la vue depuis la place Saint Marc, il n’y a pas grand-chose à redire. Après tout, on admire bien les gratte-ciels !

Pour fonctionner à bord comme si on était tout seuls, il n’y a même pas besoin d’aller se renseigner. Le Today, viatique absolu est distribué tous les soirs en cabine. Sur cette double feuille rose, tout est noté. L’heure d’arrivée aux escales, l’heure à laquelle on appareille, les rendez-vous pour les excursions, qui n’ont strictement rien d’obligatoire, les clients exercés louent souvent une voiture et s’échappent pour la journée. On est informés aussi des changements de fuseaux horaires et le commandant envoie souvent un petit message.

Comme sur le Costa Classica, au cours d’une croisière en mer Egée. Entre les îles grecques et la découverte du site antique d’Ephèse et de la maison de la Vierge Marie en Turquie, où nous étions une petite trentaine accompagnés par Alfred, le meilleur, le plus compétent (et le plus lucide) des guides francophones.

Le commandant avait pris la peine de raconter comment se forment les vagues et comment est définie la mer (calme, peu agitée, très grosse, énorme !) en fonction de leur hauteur (0,10 m ; de 0,50 à 1,25 m ; de 9 à 14 m ; plus de 14 m !). Mais aussi et surtout, l’importance du FETCH, qui est la distance parcourue par le vent sur la mer. Le lendemain, des vents de 83 nœuds, c’est-à-dire de 153,7km/h nous ont empêchés d’accoster à Mykonos pendant toute la journée.

On en a profité pour se laisser bercer sur le lit dans la cabine, pendant que sur le pont, si les chaises ne volaient pas, c’est que l’équipage les avaient rangées et cadenassées.

Parce que, suite à la première expérience en mer Baltique, nous sommes repartis. Pour vivre une expérience d’un tout autre genre avec de très longues escales et de belles journées à la plage.

Les croisières ont, si l’on ose dire, le vent en poupe. Les agents de voyage sont démunis en ce moment pour proposer des séjours en vacances de la Toussaint et pour le 11 novembre. On ne se précipite pas sur le Maghreb et le proche Orient pour cause de terrorisme et l’Afrique à cause d’Ebola. Alors, il reste les croisières. Lesquelles comme sur le Costa Diadema proposent un circuit qui va des ports italiens à Majorque et à Barcelone avec départ et retour à Marseille, mais sans passer par Tunis…

Des croisières pour experts

De nouvelles formules sont inaugurées, pour séduire justement ceux qui résistent encore (!) Il est vrai que, même si le bord fait de considérables efforts, les repas restent un peu moyens avec beaucoup de produits surgelés et plus de chiqué que de qualité. En plus, au moment où le Club Med cultive le all inclusive, à bord des bateaux « tout est rarement pas payant »

Alors les Croisières Slow Néo Collection sur les paquebots neoRiviera , neoRomantica, et neoClassica sont en train de se mettre en place.

Les unités sont plus petites et peuvent s’approcher plus près de certaines côtes, les itinéraires sont exclusifs et plus recherchés. Le bateau peut aussi passer la nuit à quai pour que les passagers puissent mieux profiter de l’escale, des formules tout compris sont aussi proposées et les excursions sont limitées à 25 personnes avec de vrais experts touristiques. En plus, les heures d’accès au restaurant sont flexibles et les chefs privilégient les recettes régionales et les produits frais.

Voilà qui mérite de se pencher sur la question et de rêver de s’offrir à nouveau un de ces grands moments d’exaltation propre à la croisière et dont on ne se lasse jamais. Celui où le navire quitte le port et se dirige vers la haute mer pendant que, accoudés au bastingage, les passagers se laissent emporter aux accents d’une musique douce.

Source : Actus