Les merveilles de Juliette

Au moment où le tourisme s’essouffle, où les régions et micro-régions multiplient les initiatives pour attirer les visiteurs chez eux et où l’écologie règne en maître sur les goûts du public, ce sont bizarrement les villes qui attirent le plus les touristes, français et étrangers. Il faut dire qu’elles savent mettre toutes les chances de leur côté. On ne risque guère de s’ennuyer dans les grandes métropoles entre le shopping, les festivals de toute nature et les grandes expositions.
C’est de l’une d’entre elles, qui a reçu le label d’Intérêt National du Ministère de la Culture que je veux vous parler ici.

Il est question d’une femme, Juliette Récamier, qui fut l’une des personnes les plus portraiturées de son temps. Davantage même que l’Impératrice Joséphine. Tous les lycéens qui ont appris la littérature dans le Lagarde et Michard se souviendront de ses portraits allongée sur une bergère, dans la position de la « dame au sofa » pour citer Mario Praz. Elle est née à Lyon en 1777, près du Palais Saint-Pierre justement, qui abrite le Musée des Beaux-Arts et lui-même l’exposition « Juliette Récamier, muse et mécène » et qui lui est consacrée jusqu’au 29 juin 2009.

Si les grandes expositions attirent le public dans les villes, c’est justement grâce à une conception assez somptueuse de l’art, avec des scénographies séduisantes et très léchées. On apprend ainsi, à découvrir tableaux, objets, meubles, lettres et vêtements (un petit soulier très émouvant…), que Juliette Récamier revint à Lyon entre 1812 et 1813, exilée par Napoléon. Preuve que l’on pouvait survire à un bannissement du genre.

Elle fut ruinée deux fois, ce qui ne l’a jamais empêchée de tenir salon. Même dans un deux pièces et d’attirer tous les beaux esprits de son temps comme Chateaubriand et Madame de Staël. Avant la lettre, elle inventa quasiment le harcèlement people. A chacun de ses voyages, elle déplaçait les foules. Tout le monde voulait l’apercevoir et pourtant, à l’époque, l’information circulait bien moins vite. Mais ça se savait. Cette généreuse donatrice aimait les arts, créait les modes et inspirait les artistes. Ses bustes en marbre de Chinard sont incomparables. Cela dit, il paraît qu’elle ne fut jamais satisfaite des résultats. Même de ses portraits peints par David et Gérard.

Découvrir une exposition de cette nature justifie le voyage jusqu’à Lyon. D’autant que l’hôtellerie a la bonté de pratiquer des tarifs promotionnels pendant le week-end. Mieux encore, pour ceux qui sont disponibles en semaine, il y a les chambres d’hôtes en ville qui se multiplient comme Les Toits de Lyon, un bel appartement design de la presqu’île ou encore la cabine du capitaine aménagée sur des péniches pour vivre sur la Saône ou le Rhône une délicieuse croisière immobile. La ville vaut d’être découverte à pied ou même en petite foulée. Le créateur de Joggin’City, unique en France, incite ses clients à courir le nez levé. Pour découvrir, entre autres merveilles et dans le Vieux Lyon, qui vaut à la ville d’être inscrite au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco, gargouilles et sculptures et plus de 300 statues mariales, ce qui en fait un lieu unique à cet égard.

Les villes ont le vent en poupe et les hébergements s’organisent. C’est ainsi qu’à Paris, pour découvrir l’exposition « Le Grand Monde d’Andy Wharhol » au Grand Palais jusqu’au 13 juillet 2009 et les oeuvres de Kandinsky au Centre Pompidou du 8 avril au 10 août 2009, on cherchera à se loger grâce à un réseau d’appartements parisiens tous plus charmants et bien situés les uns que les autres. Alors que l’on ne jure que par l’air pur et la verdure, ce sont les villes qui tirent leur épingle du jeu.

Source : Actus